Des suppressions de postes seront à nouveau à l'ordre du jour pour la rentrée 2010 au nombre de 13500 donc encore un peu plus qu'à cette rentrée. Les suppressions de cette rentrée se dont sentir: classes surchargées, suppressions de classe de seconde, problème divers et variés de moyens etc.
Je vous propose cet article du JDD qui parle de la réforme du lycée qui va être mise en place dès la rentrée prochaine pour les secondes.
Exclusif: Le nouveau lycée
Par Alexandre DUYCK
Le Journal du Dimanche
En juin prochain, le lycée d'aujourd'hui aura vécu. "Poussé par l'Elysée", selon un observateur, le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos confirmera prochainement la naissance d'une nouvelle classe de seconde dès septembre 2009 (première en 2010, terminale en 2011). Une annonce qui aurait dû être faite dans dix jours mais qui, selon nos informations, sera repoussée au moins d'une semaine, voire reportée à la rentrée des vacances de la Toussaint.
Une classe de seconde profondément remodelée. La piste de travail actuellement privilégiée par le "Monsieur Réforme du lycée" -le recteur d'Aix-Marseille, Jean-Paul de Gaudemar- consiste à bâtir un tronc commun pour tous les élèves dans lequel on trouverait lettres, maths, histoire-géo, deux langues vivantes et sport. A ce jour, la physique-chimie, l'éducation civique et les sciences naturelles ne font donc plus partie des enseignements obligatoires. Pas plus que l'économie, déjà exclue par une précédente réforme contestée. Ce tronc commun devrait représenter 60% des cours. Le reste sera divisé en deux types de modules, les "exploratoires" (25% du total) et ceux "d'accompagnement" (15%). L'année scolaire sera découpée en deux semestres au lieu de trois trimestres. A la fin du premier semestre, les élèves pourront changer de module, ce qui constitue une révolution: la fin du programme figé pour l'année entière.
La suppression du redoublement. Chaque année, 15% des lycéens de seconde redoublent. "L'idée est que les élèves en difficulté dans tel domaine se renforcent lors du second semestre par le jeu des modules, explique le cabinet de Xavier Darcos, et que le redoublement devienne anecdotique." Quitte à imposer aux lycéens de prendre tel module et pas tel autre, ce qui va à l'encontre de l'esprit initial de la réforme, résumée dans un premier temps comme "lycée à la carte" par le ministre. Une expression abandonnée depuis à la suite de critiques de Nicolas Sarkozy et d'élus UMP. "Je suis attaqué sur ma droite", aurait confié récemment Darcos.
L'histoire-géographie et les mathématiques disparaîtraient du tronc commun
Vingt-sept heures pour tous. Tel devrait être, de la seconde à la terminale, le nouveau volume horaire hebdomadaire de tous les lycéens des filières générales. Actuellement, les élèves ont entre vingt-huit et trente-cinq heures de cours. "On restera dans la moyenne européenne", se défend le ministère. Les syndicats jugent l'hypothèse "inadmissible" et craignent qu'un tel allégement des emplois du temps ne serve à justifier la politique de réduction du nombre d'enseignants. "La réforme se veut au service des élèves, elle n'est pas motivée par des questions budgétaires, réplique un proche de Xavier Darcos. Cela dit, si l'on peut en même temps réformer et réduire les coûts..."
La fin des filières, la fin des maths obligatoires. Les élèves de première et de terminale disposeront eux aussi d'un enseignement découpé en trois. La proportion actuellement retenue est de 45% (tronc commun), 45% (modules exploratoires), 10% (modules d'accompagnement). L'histoire-géographie et les mathématiques disparaîtraient du tronc commun mais pas la philo, qui pourra être débutée (en option) dès la première. Un élève pourrait donc ne plus faire de maths après la seconde! Quant aux filières scientifique (S), économique et sociale (ES) et littéraire (L), trop déséquilibrées (surfréquentation en S, pénurie en L) et injustes socialement (les enfants des familles les plus favorisées sont largement majoritaires en S, qui ouvre toutes les portes), elles tombent aux oubliettes. Quatre "dominantes" (humanité et arts, sciences, sciences de la société, technologie) les remplaceront plus souplement grâce au principe des modules (dont le droit, autre nouveauté) interchangeables en cours d'année. Reste le bac : "Je ne suis pas payé pour démonter la tour Eiffel" dit pour le moment Xavier Darcos...
Alors voilà c'est officiel, les lycéens futurs n'auront même plus de l'histoire-géo obligatoire... C'est quand même très dur de dévaloriser cette matière alors qu'elle est indispensable pour comprendre le monde dans lequel on vit et effectuer ainsi un devoir de mémoire envers les événements passés. Mais cela est peut-être une volonté de la part du gouvernement ...
De plus on peut se demander où est l'intérêt de ne pas laisser le redoublement. Nous ne sommes pas parfait et nous avons le droit de recommencer une année si elle n'a pas été acquise!
Comme le dit si bien Darcos, il n'est pas payé pour réformer le bac mais juste le lycée. Ce n'est pas une finalité en soi et il faut une réforme du bac pour que le diplôme soit revalorisé, et ainsi supprimer la suprématie de la filière S.
Enfin, on peut se demander si ces modules dont nous ne connaissons pas réellement le contenu auront une véritable utilité pédagogique et s'ils permettront aux lycéens un apprentissage en profondeur des matières choisîtes.
Pour contrer cette politique, une première manifestation est prévue un dimanche. C'est le dimanche 19 Octobre. Il est donc facile pour nous lycéens d'y aller en ne loupant aucun cours. Un rendez-vous sera proposé ultérieurement sur ce même blog!
L'UNL91 aimerait que tous ses militants et adhérents fassent tout leur possible pour venir à cette manifestation qui risque d'être déterminante pour la suite! Réservez votre journée!